Les furtifs – Alain Damasio

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Ils sont là parmi nous, jamais où tu regardes, à circuler dans les angles morts de nos quotidiens. On les appelle les furtifs. Une légende ? Un fantasme ? Plutôt inverse : des êtres de chair et de sons, aux facultés inouïes de métamorphoses, qui nous ouvrent la possibilité précieuse, à nous autres humains, de renouer avec le vivant. En nous et hors de nous, sous toutes ses formes et de toutes nos forces.

Les furtifs est une dystopie qui se déroule dans un futur relativement proche (2040). À cette époque, les villes ont été abandonnées à des entreprises privées qui ne se gênent pas pour limiter les déplacements des citoyens les plus pauvres. La technologie prend une place importante dans cette société, si elle peut offrir un certain confort, elle permet surtout aux dirigeants de tout connaître de leur vie. C’est dans cet univers qu’on a découvert des furtifs, des créatures qui sont capables de se cacher hors de la vue des humains et de leur technologie.

Le livre nous raconte l’histoire de Lorca et Sahar Varèse qui sont à la recherche de Tishka, leur fille disparue. Si Sahar a perdu tout espoir de la retrouver vivante, Lorca lui est convaincu qu’elle est partie avec les furtifs. Il va alors chercher à intégrer le Récif, une unité de l’armée spécialisée dans la traque de ces créatures dans l’espoir de retrouver la trace de sa fille.

Ce livre est sorti presque 15 ans après le chef-d’œuvre qu’était la horde du contrevent. Autant dire que les attentes étaient grandes. Pourtant, si j’ai bien apprécié cette lecture je dois avouer que mon avis est un peu plus mitigé à cause de plusieurs éléments qui viennent gâcher la lecture. Nous allons voir pourquoi.

Dans ce livre, on retrouve le style particulier d’Alain Damasio. Il y a plusieurs narrateurs différents et chacun à son style qui peut aller d’un langage familier, mélange de verlan et de culture geek à des tournures beaucoup plus poétiques. Comme pour la horde du contrevent, au début c’est compliqué. Mais ici, le travail est facilité, car il y a moins de narrateurs. Il y en avait une vingtaine dans la horde alors qu’ici il n’y en a que six principaux. Au final on arrive assez rapidement à les distinguer et on a plus besoin de se référer à la première page pour savoir qui parle.

L’histoire démarre très bien et on entre vite dedans. Les aventures de Lorca sont agréables à suivre. On retrouve avec plaisir le style poétique de Damasio et son art de manipuler le langage et de jouer avec les mots. Puis, au fil de pages, on finit par trouver que l’auteur en fait beaucoup trop. Dans la horde du contrevent, ces jeux de langages étaient justement dosés et c’est ce qui faisait la qualité de l’œuvre. Ici il y a des passages entiers là-dessus.  On passe donc de scènes merveilleusement bien écrites à d’autres qui sont justes, beaucoup trop longues et inutiles à l’intrigue. Elles ont malheureusement pour effet de saper notre immersion dans cet univers et c’est dommage.

L’autre point noir du roman c’est son aspect politique qui est beaucoup trop présent et qui tranche avec le reste du livre. Je ne suis pas contre le fait que l’auteur veuille faire passer un message à travers ses écrits, mais il faut que ça soit fait avec subtilité. Ici, on a impressions que des chapitres entiers ont été écrits pour faire l’apologie des idées de l’auteur. Leur intégration dans l’intrigue apparaît superficielle. Pourtant l’univers décrit, est parfait pour ce genre de message.

Voilà pourquoi cette lecture est mitigée et c’est vraiment dommage, car en dehors de ces points, l’histoire est fantastique. On suit avec plaisir les aventures de Lorca et Sahar et de leurs amies du Récif. La poésie est présente et on a du mal à lâcher le livre et puis d’un coup tout l’univers s’effondre, car on se retrouve sur un passage un peu trop politisé et un peu trop terre à terre qui nous ramène dans le monde réel. Malgré cela, la magie opère de nouveau quelques chapitres plus loin quand on retourne à la chasse des furtifs et qu’on repart à la recherche de Tishka.

En bref, c’est difficile de donner un avis sur ce livre, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, car il y a des passages fabuleux et je garderais un bon souvenir de ma lecture. L’histoire est géniale, le style d’Alain Damasio est plaisant quand il n’en fait pas trop. Mais ses défauts l’empêchent d’atteindre le niveau de la horde du contrevent et c’est bien dommage.

2 réflexions sur “Les furtifs – Alain Damasio

  1. En effet, je te conseille de commencer par la Horde du contrevent. C’est pas forcément facile de s’y retrouver au début vu le nombre de narrateur et le style qui change complètement selon la personne qui raconte. Mais une fois qu’on est rentré dedans c’est difficile de le lacher.

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